Aux chevet des loulous

Publié le 20 June 2017

Pour apaiser les jeunes patients qui doivent subir une intervention chirurgicale, les P’tits doudous déploient joujoux et bienveillance.

Pose de diabolos, appendicite, ablation des amygdales ou des végétations, dents de sagesse… Ils sont des milliers (2 396 en 2016), âgés de 0 à 18 ans, à passer par le bloc opératoire de la Cité sanitaire de Saint-Nazaire. Une étape rarement facile à vivre pour l’enfant ou l’adolescent comme pour son entourage : « Si les tout-petits n’ont pas vraiment conscience de ce qu’il va se passer, ils sont perturbés par le milieu et les visages inconnus, le jeûne obligatoire, le matériel et, surtout, ils ressentent très fortement l’inquiétude de leurs parents », explique Marie Chesnel, infirmière anesthésiste en pédiatrie et présidente des P’tits doudous de Saint-Naz’. La professionnelle, malgré des années d’expérience, ne pouvait se résigner à laisser stress, angoisse, larmes et gros chagrins assombrir davantage ces expériences hospitalières qui laissent parfois des souvenirs traumatiques jusqu’à l’âge adulte. « On ne s’habitue jamais à la souffrance des autres, surtout quand il s’agit d’enfants. Médicalement, on peut agir sur la douleur physique, mais psychologiquement, malgré la bienveillance générale des équipes, c’est plus compliqué à gérer », relève sa collègue Catherine Jaunasse.

En 2015, suivies par un collectif bénévole du personnel de chirurgie pédiatrique, les deux infirmières décident donc d’adopter les méthodes initiées par l’association Les P’tits doudous du CHU de Rennes* : « Il s’agit de proposer des objets et des activités transitionnels adaptés qui permettent d’apaiser ou de dissiper les peurs. » Concrètement, avant et après l’intervention, ça passe par le collage de gommettes sur le masque d’anesthésie, « une façon de se familiariser avec l’objet, de se l’approprier et de l’accepter ». Il y a aussi le jeu interactif  “Le Héros c’est toi !” sur tablette, qui rend le patient acteur de ce qu’il vit, le divertit et mobilise son attention. Sans oublier le cadeau offert au réveil, « un doudou** donné aux plus jeunes qui procure du réconfort et adoucit ce moment où ils sont encore séparés de leurs proches ».

Des outils qui ont fait leur preuve : « Depuis, nous avons considérablement diminué la prescription de médicaments qui ne sont pas anodins quant aux suites opératoires. L’anxiété minimisée optimise également le bon déroulement des actes purement chirurgicaux et le rétablissement. » Et pour aller encore plus loin dans cette démarche, l’association investit actuellement dans l’application numérique musicale imaginée par Music Care, recommandée par la Haute autorité de santé, qui offre la possibilité aux 12/18 ans d’écouter une playlist de leur choix : « Tous les registres sont conçus pour conduire à l’apaisement du corps. Plus le patient est stressé, plus il est sensible à une diminution du rythme et des fréquences de volume, ce qui engendre une sensation de bien-être. »

Pour financer ce dispositif, Les p’tits doudous se sont aussi inscrits dans une démarche de développement durable : « Nous récupérons le matériel cuivré et les autres métaux du bloc habituellement jetés pour les revendre à un ferrailleur de Montoir. » Un geste, aussi intéressant soit-il, qui ne leur rapporte qu’environ 550 euros par an.

Nathalie Ricordeau

* www.lesptitsdoudous.org
** Peluches conçues par l’entreprise Moulin Roty.

Les P’tits doudous de Saint-Naz’ : renseignements sur la page Facebook de l’association.

 

 
 
 
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