Rencontre autour du vert

Publié le 16 janvier 2018

A 39 ans, le Nazairien Cédric Derouin s’impose comme l’une des figures de proue d’initiatives éco-solidaires. Qui l’eût cru ?

Il est de toutes ces actions menées en faveur de la transition énergétique et sociale sur notre territoire. Cédric Derouin cumule les casquettes d’un nouveau modèle économique qu’il préfère qualifier de « bon sens commun » plutôt que d’écologique. Retour sur un parcours atypique.

Estuaire. D’où vous vient cette fibre verte ?
Cédric Derouin. J’imagine que le fait d’avoir des parents qui ont toujours jardiné, une tante et une arrière grand-mère maraîchères à Saint-Nazaire, a sans aucun doute joué un rôle. Mais c’est a posteriori que je le réalise car mon engagement et les diverses activités qui en découlent sont arrivés sur le tard.

Estuaire. C’est-à-dire ?
CD. Adolescent, je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. Je me suis mis à collectionner les étiquettes de bouteilles de vin, un hobby qui est devenu une vraie passion, au point de choisir de poursuivre des études post-bac dans la viticulture. En 2006, formations vins et spiritueux en poche, j’ai créé Autour d’un verre à Saint-Nazaire, un concept de restaurant-cave. Je m’intéressais déjà à tout ce qui avait trait au gâchis alimentaire, à la notion de partage ou encore à la saisonnalité des produits. Le déclic a été la découverte des Incroyables comestibles*, puisque ça correspondait à ce que je pratiquais en faisant pousser des légumes et des aromates dans des bacs devant mon logement. Le mouvement n’existait pas encore dans le Grand Ouest, je l’ai donc lancé à l’échelle locale en 2012, via les réseaux sociaux.
Le restaurant a été vendu et j’ai rejoint Anthony Barillé, qui avait créé l’activité de Jardi Compost** au sein de la coopérative l’Ouvre-boîte 44. Les échanges se sont alors multipliés, j’ai approfondi mes connaissances et cumulé les expériences en matière de cultures alternatives et de développement durable. Par ailleurs, en 2014, alors que nous étions une dizaine de jeunes entrepreneurs qui cherchaient à se faire connaître, j’ai proposé d’organiser un salon du Savoir-faire local. La première édition m’a conforté dans l’idée que la ville et son agglomération étaient un riche terreau d’innovations et d’initiatives diverses.

Estuaire. Vous êtes aussi le fer de lance des gratiferias, des disco soupes, d’une monnaie locale, le rozo...
CD. Je n’ai rien inventé, tout cela existait déjà, j’ai juste fait office d’étincelle. Ensuite, ça s’est concrétisé grâce à une énergie collective. D’une manière générale, les gens n’osent pas s’investir dans ce genre de démarches car ils s’imaginent que c’est trop compliqué ou irréalisable. Je pense au contraire que tous ces projets permettent une émulation positive en tissant des liens entre personnes de compétences et d’horizons variés.

Estuaire. Il semble que vous voyiez de plus en plus grand, notamment avec le projet BASE*** !
CD.  C’est une continuité. Cette ferme urbaine implantée sur le toit de la base sous-marine n’est pas la volonté d’une seule personne, mais bien celle de tout un réseau de citoyens, associations et collectivités. Nous attendons encore des autorisations officielles pour investir le lieu, mais si tout se passe bien, 2018 et surtout 2019 verront enfin se végétaliser ce lieu.

Propos recueillis par Nathalie Ricordeau

* Incroyables comestibles : page Facebook.
** Jardi compost : 06 14 38 83 68, www.jardicompost.fr
** Projet BASE : page Facebook Edible Street.

 
 

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