Une athlète au parcours sans obstacles

Publié le 12 décembre 2017

Sandra Gomis, 34 ans, franchit les objectifs ambitieux qu’elle se fixe aussi facilement que les haies de la piste d’athlétisme. Cette institutrice et entrepreneuse nous parle de son attachement à sa ville natale.

Estuaire. Quels souvenirs gardez-vous de votre enfance à Saint-Nazaire ?
Sandra Gomis. J’ai grandi au Petit Maroc jusqu’à mes 19 ans. Le quartier avait des airs de village, tous les enfants se connaissaient. D’autant que je vivais avec mes frères et sœurs, à côté de chez mes cousins. Il y avait une vraie complicité entre les générations. Aujourd’hui encore, quand je passe à Saint-Nazaire, je vais souvent saluer une vieille dame qui nous a vu grandir, chez qui on aimait aller jouer.

Estuaire. Comment avez-vous commencé l’athlétisme ?
SG. Pour faire comme ma petite sœur, je me suis mise à l’athlétisme au lycée. Un prof de sport m’a incitée à poursuivre en club et je me suis inscrite à l’Esco* de Saint-Nazaire en 2000. Il y a un bon état d’esprit. Je me souviens que, pour ma première compétition, je n’avais jamais utilisé de starting-blocks et c’est une fille du club qui m’a montré comment bien les régler. Il y avait toujours des encouragements et de l’entraide.

Estuaire. Où trouvez-vous la motivation pour trouver la force de vous entraîner ?
SG. Ce sont surtout les soutiens de tous les gens qui me suivent. Les messages, les e-mails me motivent énormément. Lorsque j’ai reçu un trophée des Victoires du sport l’année dernière, cela été un honneur pour moi de sentir les Nazairiens derrière moi. Cette année, je suis membre du jury et je remettrai les trophées avec plaisir le 15 décembre prochain. J’essaye d’aller le plus loin possible. J’aime battre des records et battre mes propres records. Cela demande beaucoup de sacrifices avec les stages sportifs, les entraînements. Le soutien de ma famille, de mon conjoint, de ma fille est très important. Je pense tout le temps à eux quand je suis dans l’effort.
L’année dernière, aux championnats de France à Angers, je savais que les jeunes du club et toute ma famille étaient là. J’étais très concentrée sur ma course, et quand j’ai entendu mon frère, ça m’a donné des ailes (elle réalise son record personnel de 12,79 secondes au 100 mètres Haies et se qualifie pour les JO, NDLR). Pendant la course, on est concentré sur la technique et dès que c’est fini, quand on réussit à atteindre ses objectifs, on est au 7e ciel !

Estuaire. Comment une sportive de haut niveau fait-elle pour gagner sa vie ?
SG. Je dois travailler, bien sûr. En 2015, en plus de la préparation pour les JO, j’étais institutrice stagiaire à mi-temps en formation à l’ESPE** et à mi-temps devant les élèves, sans parler de ma vie de famille… L’année suivante, j’ai validé mon Master 2, j’ai obtenu ma titularisation et ma qualification pour les JO de Rio***… C’était une bonne année ! Avec ma nouvelle entreprise Sandra Gomis Evénements, je vais bientôt développer des projets événementiels sportifs et culturels, comme des olympiades inter-entreprises. C’est en projet.

Propos recueillis par Emmanuel Lemoine

* Entente sportive des Clubs de l’Océan, créée en 1978.
** Ecole supérieur du Professorat et de l’Education.
***Eliminée à Rio aux portes de la finale du 100 mètres Haies.

 

 
 

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