Le jeune homme et la mer

Publié le 28 February 2017

Embarquement à bord du Bosco avec Julien Rondineau, marin-pêcheur…

Bosco (Ancien nom : Alize) SN288020 / Chalut de fond a panneaux / 71Kw - 5.99tjb - 6.25GT / Longueur: 9,81 m – Largeur : 3,36 m

C'est sur la péniche de son grand-père qui transportait du sable ou du poivre sur la Loire que ce Nazairien a découvert, très jeune, la pêche à la ligne. Avec un père docker à Montoir et son autre grand-père Terre-neuvas en Bretagne Nord, Julien Rondineau a bien le port dans les gènes :  « La pêche, c’est ma passion. Je ne me vois pas faire autre chose. J’ai d’abord travaillé à La Turbale sur les gros bateaux de pêche au thon ou à la sardine, avec un équipage de six ou sept. Parfois on pêchait tout en une semaine, parfois il en fallait trois… » Ce marin-pêcheur trentenaire travaille depuis huit ans à bord du Bosco, un chalutier en bois de 1965, le plus ancien du port de Saint-Nazaire. « Mon patron a plus de trente-cinq ans de métier, il m’a beaucoup appris. Il prendra bientôt sa retraite et je compte poursuivre en achetant un chalutier plus récent. » Aujourd’hui, sur la dizaine de bateaux de pêcheurs nazairiens qui subsistent à Saint-Nazaire, chalutier, civellier ou ligneur, seuls cinq ou six sortent régulièrement.

Civelle en ce miroir

En ce moment, le jeune marin va surtout pêcher des crevettes et des civelles. Il part en mer de 7h à 16h pour relever ses casiers ou ses tamis, au large de Pornichet. « Les crevettes n’aiment pas l’eau douce. Si la Loire est en crue, on en trouve beaucoup moins. Par contre, les civelles la cherchent et sont plus abondantes en ce moment. Les bonnes journées, quand le vent vient du Sud, on en prend 2 kg. »

A partir d’avril, le Bosco sort les chaluts pour pêcher le boucaud, parfois la sole, mais c’est de plus en plus dur. « On peut prendre jusqu’à 50 kg de soles par jour, alors qu’il y a une dizaine d’années, c’était le double. » L’équipage a un quota fixé à 3 tonnes par an, qui varie en fonction de son ancienneté.  Ensuite, la pêche de la journée est vendue à un mareyeur basé à Paimbœuf. Lui-même revend les poissons en Espagne. Bien que l’exportation soit interdite par l’Union européenne, une partie de la production part en Asie, où la civelle est très appréciée.

La pêche, encore la pêche

Sur son temps libre, Julien Rondineau pratique une autre sorte de pêche. Il est en effet membre de Saint-Nazaire Pêche en Mer, un club basé au Fort de Villès. Depuis plusieurs années, il fait partie de l’équipe de France de pêche à la ligne, qui s’est qualifiée cette année encore pour les championnats du monde. L’équipe française, dont trois membres sur six sont nazairiens, est actuellement classée à la 3e place mondiale, derrière les Italiens et les Croates, « les pays méditerranéens étant souvent en tête du tableau ». Julien et son équipe participeront donc à la 53e édition des championnants mondiaux qui se dérouleront en mai prochain, en Croatie, et où s’affronteront une quinzaine d’équipes, essentiellement venues d’Europe. L’équipe gagnante sera celle qui aura pêché le plus de poissons dans le temps imparti (trois manches d’une heure et quinze minutes, soit cinq heures de pêche par jour)...

Emmanuel Lemoine

 

 
 
 
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