Savoir-faire, savoir-être

Publié le 04 April 2017

Le fondeur-sculpteur de bronze Kossi Traoré est l’invité d’honneur du salon de Printemps de Donges. Portrait d’un artiste authentique.

« Cela fait plus de trente ans que je crée selon la technique ancestrale dite de fonte à la cire perdue », annonce Kossi Traoré en préambule d’une rencontre sous le soleil printanier presque aussi rayonnant que lui. Et là, on s’étonne car, franchement, le personnage paraît plutôt jeune. « J’ai 40 ans, mais j’ai commencé à travailler le métal dès mon enfance », nous éclaire-t-il.

Nous apprenons en effet que Kossi, résident nazairien depuis une dizaine d’années, a grandi dans une famille de bronziers au Burkina-Faso où, à l’époque, la scolarisation n’était pas encore obligatoire. « A défaut de fréquenter les salles de classe, d’apprendre à lire et à écrire, j’ai passé mon temps auprès de mon père dans son atelier de Bobo-Dioulasso. Il m’a transmis son savoir-faire, comme l’avait fait auparavant mon grand-père avec lui. » Aujourd’hui encore, ses frères perpétuent la tradition dans leur ville natale, au sein d’un centre d’artisanat d’art* associatif auquel Kossi collabore une partie de l’année. « J’y ai toujours gardé un pied-à-terre, mais  il est vrai que, très tôt, ma curiosité m’a poussé à voyager. »
Après une série d’expositions au Sénégal, au Mali, en Côte d’Ivoire et au Niger, le jeune homme met rapidement le cap vers l’Europe. Il égraine alors les salons d’art contemporain, dispense des cours ou des formations, tout en nourrissant son inspiration à travers la France, la Belgique, la Suisse, l’Allemagne et les Pays-bas. « Ces expériences m’ont permis de véhiculer ma culture hors des frontières africaines, mais aussi de m’ouvrir à d’autres esthétiques. » Les masques, fétiches et autres silhouettes figuratives de ses débuts prennent progressivement d’autres formes, plus abstraites, mélangeant les genres et les courants, tout en gardant l’empreinte de ses origines et surtout son procédé de fabrication originel. « Les gestes et les matériaux que j’emploie restent accessibles, simples et peu coûteux. C’est ce qui m’as permis de continuer à exercer un peu partout. »

Les ingrédients ? Cire d’abeille, argile, métaux de récupération, charbon, four à même le sol. Et du talent. Même si, humblement, Kossi nous affirme : « Chacun de nous possède un potentiel créatif. Il suffit de regarder ce qui nous entoure et de mobiliser notre imaginaire pour découvrir que tout est possible si on le souhaite. » Un art qui fait écho à une philosophie de vie. Un alliage de matières, d’éléments et d’énergies comme une osmose évidente que nous offre l’existence. Kossi Traore nous en rappelle les fondements.

Nathalie Ricordeau

* Farafina Art et Culture est une association destinée à promouvoir les métiers artistiques et artisanaux à Bobo-Dioulasso. Elle regroupe divers métiers : sculpteurs sur bois, sur bronze, potiers, peintres, danseurs, maroquiniers, fabriquants d’instruments de musique…

Informations : www.kossitraore.com/farafina-art-et-culture

Exposition des œuvres de Kossi Traore : 27e salon de Printemps du Groupe artistique dongeois.
Jusqu’au 9 avril, de 10h à 12h et 14h30 à 18h30, salle polyvalente de la Mairie de Donges.
Gratuit. Renseignements :  02 40 45 31 64.

 
 
 
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