Paroles, musiques et plus si affinité

Publié le 19 septembre 2017

Nazairiens d’adoption, Bruno Millischer à la voix et Patrick Haouzi à la contrebasse forment le duo  Débit d’fagots. Il était une fois…

Bruno Millischer à gauche et Patrick Haouzi à droite.

…un gars de Franche-Comté, formateur de voile, qui, chemin faisant, s’est retrouvé à Saint-Nazaire et a changé de cap. C’était il y a plus de vingt-cinq ans. Pourquoi, comment – Bruno Millischer ne s’en souvient plus très bien – il se retrouve un soir à raconter des histoires à des jeunes en stage nautique ? « Ce fut une évidence : je venais de trouver ma voie et j’allais devenir conteur professionnel. » Pour exercer son nouveau métier, il se documente, récolte fables, légendes et chansons en tous genres, collabore un temps avec un clarinettiste, un harpiste et un joueur de flûte traversière. Bref, il enchaîne les expériences jusqu’au jour où il rencontre, non pas le prince charmant, mais son complice depuis 2010, Patrick Haouzi, contrebassiste baroudeur, originaire de Bordeaux. « On s’est aperçu que le son de mon instrument se mariait très bien avec sa tessiture de voix. Mais au-delà de cet aspect, il y avait aussi une histoire d’écoute réciproque, d’imaginaire partagé et une conception commune du spectacle de contes », se souvient l’homme à l’archet, également musicien au sein de l’Orchestre symphonique de Saint-Nazaire.

L’union artistique est alors rapidement consommée avec l’heureuse naissance de Débit d’fagots : « Cette aventure s’est volontairement construite autour de récits universels et accessibles à tous types d’auditeurs. Par ailleurs, si nous travaillons beaucoup en amont, le résultat devait se singulariser par sa simplicité de mise en scène », résume Bruno Millischer. En effet, qu’ils évoquent l’amour, la mer, le voyage ou la générosité, ici, les récits ne sont pas le fruit d’un assemblage mécanique de mots et d’idées, et encore moins l’objet d’une scènographie encombrée d’objets. Non, ils relèvent plutôt d’une forme d’alchimie entre la musicalité de la parole et l’intention des sons. Une partition qui coule naturellement de source et ouvre les portes à de nombreuses formules de prestations : « Avec notre répertoire de six spectacles, nous nous produisons aussi bien dans les écoles, les médiathèques, les maisons de quartier ou les maisons de retraite, en improvisant selon le lieu et l’ambiance. » Une constante, cependant : le petit comité pour favoriser l’écoute. « C’est un facteur essentiel vers lequel nous nous dirigeons de plus en plus en proposant des spectacles chez l’habitant. L’idée étant de redonner le goût des veillées d’autrefois, de supplanter pour quelques instants la télévision. Il suffit alors d’inviter ses voisins, ses amis et de partager un verre à l’issue du spectacle, laissant ainsi la place au dialogue. » Une belle idée pour une belle histoire.

Nathalie Ricordeau

Débit d’fagots : 06 15 46 31 43, www.debitdfagots.fr

 

 
 
 
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